Épave Aresquiers 11 Le Michele-Arcangelo

2006/2008 – 1871 – Hérault

Le gisement Aresquiers 11 a été déclaré aux affaires maritimes en août 2005 par M.Claude Béné et Michèle Aubertel à la suite d’une plongée de prospection aux alentours de l’épave Aresquiers 10, alors en cours de fouille. En juillet 2006, une autorisation de sondage a été accordée à la SRASSMF autour d’un tas d’ancres en fer concrétionné, émergeant du sable par 4 mètres de fond. Les premiers sondages autour des ancres ont permis de localiser le bois d’une épave inconnue jusqu’alors…

L’épave Aresquiers 11 correspond à un navire en bois immergé au large de Vic-la-Gardiole sur le littoral des Aresquiers, parallèle à la côte (axe est/ouest) et à environ 300 m du rivage. Le sédiment est de nature argileux et coquillé. Les mouvements de sable sont particulièrement importants sur cette portion du littoral et ensevelissent complètement l’épave après de forts coups de vent (vent d’est principalement). Ce gisement se caractérise par un état de conservation exceptionnel tant du point de vue de l’architecture navale que du mobilier associé. L’originalité de cette épave réside dans le fait que seule la partie supérieure du flanc tribord est conservée, c’est-à-dire une demi-coque comprenant les ponts, le bastingage, la cabine et des éléments de voilure.

Le navire est identifié comme le Michele-Arcangelo ou plus communément appelé l’épave des Italiens par les sources écrites (fonds des archives municipales et des archives départementales de l’Hérault). Lors de son naufrage, le 9 novembre 1871, le navire transportait une cargaison principale de soufre et très probablement une petite cargaison secondaire de graines (de type céréalières) et de vaisselle en faïence blanche, le tout à destination du port de Sète. Le récit du naufrage détaillé dans le quotidien l’Union nationale relate que sur les neuf hommes d’équipage, dont un enfant, quatre périrent noyés lors du naufrage.

L’enfant, qui n’est autre que le fils du capitaine ainsi que trois autres marins et le capitaine furent sauvés par deux citoyens de Frontignan, les frères Jauffret, fils d’un douanier d’un poste des Aresquiers.

La presse relate leurs exploits de s’être jetés dans la mer déchainée au péril de leur vie et érige en héros ces deux Frontignanais, remerciés en personne par le roi d’Italie Victor Emmanuel (fond des archives municipales).

Le sondage révèle en 2006 une abondance de mobilier relatif à la vie à bord situé au niveau de la cabine. On remarque d’une manière générale un mobilier plutôt luxueux, ce qui nous a conduit à interpréter le commerce du soufre comme un commerce lucratif. Les éléments les plus remarquables sont l’accastillage et tout ce qui se rattache aux instruments de navigation comme la longue vue. Les mobiliers en matière organique (cordages, cuirs) sont eux aussi très bien conservés.

La découverte de l’épave du Michele-Arcangelo fait ressurgir du fond de l’eau l’histoire des liens économiques entre la vigne et le soufre mais aussi l’histoire des relations diplomatiques entre la jeune république italienne et la ville de Frontignan.

Auteur : Laurence Serra Srassmf/membre associée La3m
Crédit photos : Christine Durand Ccj/La3m/Cnrs | Thierry Penot-Matthieu Srassmf

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