Épaves Aresquiers 1 Le Robuste et le Lion

1990/2000 et 2010/2013 – 1809 – Hérault

Aresquiers 1.1 : point Blanès, nom du premier inventeur : M. Cécil Blanès. Date de la déclaration de découverte : 1974 Aresquiers 1.2 : point la chaloupe, nom de l’inventeur : Srassmf. Date de la déclaration de découverte : 13 octobre 1983 Aresquiers 1.3 : point Sanchez, nom de l’inventeur M. Pierre Sanchez. Date de déclaration de la découverte : 1985 Aresquiers 1.4 : point Plaque de Shako, nom de l’inventeur M. Paul Perez. Date de déclaration de la découverte : 1989 Aresquiers 1.5 : point Barge au congres, nom de l’inventeur : Srassmf. Date de déclaration de la découverte : 1989 Aresquiers 1.6 : point Bossoir, nom de l’inventeur : Section de Recherches Archéologiques de Frontignan. Date de la déclaration de découverte : 1992

Le contexte historique de la bataille des Aresquiers

« Alors que les anglais, dirigés par Collingwood (1750-1810), croisent en Méditerranée afin d’intercepter tout bâtiment français, Napoléon (1769-1821) prépare lui-même en février 1809 un convoi au départ de Toulon chargé de rallier Rosas (Espagne) dans le but de ravitailler les troupes françaises qui s’y trouvent. Ce convoi est composé de 19 navires marchands et de deux gabarres. Ils seront protégés par un vaisseau de 80 canons, le Robuste, portant la marque du contre-amiral Baudin en charge de cette escadre, de deux 74 canons : le Lion et l’Amélie, ainsi que de deux frégates : la Pauline et le Borée. Le départ se fait de Toulon le 21 octobre 1809. Après quelques jours en mer, les français sont repérés. Les remorques sont lâchées, les vaisseaux attirent vers eux les anglais afin que les bâtiments marchands puissent avoir assez de temps pour rejoindre Rosas. Les anglais, dont les français virent dans un premier temps 6 voiles puis 26 bâtiments, prennent en chasse. L’Amélie arrivera à rejoindre Toulon sans avarie. Le Robuste, le Lion et le Borée, en serrant de trop près la côte languedocienne afin de pouvoir trouver refuge dans le port de Sète, talonnent sur un fond rocheux sur la plage des Aresquiers à l’Est de Frontignan. La Pauline arrivera à gagner le port de Sète, ainsi que le Borée qui réussira à sortir du banc rocheux. Seuls le Robuste et le Lion se trouvent bloqués. Durant environ 2 jours, les équipages essaieront de pomper l’eau qui rentre dans les cales suite à l’arrachement des coques au moment des deux talonnages. Pendant ce temps les anglais, toujours de plus en plus nombreux, se rapprochent et entourent les deux vaisseaux français. Le contre-amiral décide alors de mettre le feu aux poudres à 19h40. A 22h30 le Lion explose, puis c’est au tour du Robuste à 23h. » (synthèse J. Letuppe)

Les découvertes sous-marines

Avant les premières fouilles autorisées par le Drassm qui ont débuté en 1990, lorsque les plongeurs de la Section de recherches archéologiques de Frontignan trouvaient fortuitement un objet isolé au fond de la mer ils l’apportaient pour le mettre en sécurité au musée de Frontignan tout en le déclarant à chaque fois aux Affaires maritimes et au Drassm.

Les campagnes de 1990 à 2000

Les campagnes autorisées de 1990 à 1993 par le Drassm ont inité les recherches et permis aux plongeurs de la SRAF sous la direction de Fernand Robert de relever la position de quatorze morceaux d’épaves. La découverte d’une plaque de Shako sur le morceau d’épave n° 4 a donné son nom au site : Aresquiers 1. 4 appelé point Shako. Un très gros travail a été réalisé sur ce site. Des plans de fouille et des dessins de mobilier ont été réalisés par Fernand Robert. Les plongeurs de la Srassmf ont prélevé les plus beaux objets qui ont été déposés au Musée de Frontignan.

Les campagnes de 2010 à 2013

En 2010 débute une campagne de sondages dirigée par Jonathan Letuppe dont le but est d’évaluer le potentiel pour reprendre l’étude des morceaux d’épaves 1.1 et 1.4 résultant du sabordage des vaisseaux. À partir de 2011, avec l’aide de la Srassmf puis d’Éveha, de nouvelles campagnes archéologiques sous-marines ont eu lieu sur ces deux bâtiments français. Sur le site Aresquiers 1.5, l’étude architecturale menée lors de la campagne 2012 révèle la présence de 3 pompes de cale qui permettra vraisemblablement de sortir des normes de construction décrites dans les traités d’architecture navale.

 Auteurs : Fernand Robert, Jonathan Letuppe
Crédit photos : Fernand Robert, Léo Cavallier (SRASSMF 1990 – 2000), Christine Durand (CCJ CNRS 2000 – 2001), Jonathan Letuppe (SRASSMF EVEHA 2010 – 2013)

 

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